À propos

« Messieurs les officiels commis à la poésie,

Ayant appris par Le Littéraire l’existence surprenante

de votre Comité d’Épuration pour les Lettres,

je viens vous demander de prendre une sanction

contre moi. »

Armand Robin, Le Libertaire

29 novembre 1946

 

Image associée
Farenheit 451, Truffaut

 

The Black List accueille, dans sa revue, des poètes et des artistes qui n’ont pas oublié que les listes noires peuvent revenir en Europe et qui n’attendent pas d’y être pour se signaler comme voulant en faire partie. 

 

The Black List est donc une sorte de liste noire avant la mise en place d’un comité de censure : une liste noire par anticipation. 

 

On peut considérer The Black List comme une nouvelle forme de contre-inquisition sans religion ni chef ou bien qu’elle est une simple revue et que, en ce sens, elle croit encore qu’une nouvelle forme d’avant-garde ou d’esthétique est possible actuellement ; dans l’un ou l’autre cas, ce serait faire fausse route.

 

The Black List ressemble davantage à K, l’arpenteur du Château de Kafka, mais à un K qui aurait compris que le Château n’existe pas et qui arpenterait donc un désert, un plan lisse sans confins ni limite, comme un lion fait les cent pas dans une cage ; ce que The Black List recherche alors : que la porte de la cage s’ouvre et que le lion vous saute à la gorge.    

                

The Black List est donc une forme ultime de contorsion du vivant, un organisme ayant besoin d’une proie et capable de l’attendre des siècles, dans une position proche de la supination, pour survivre :

The Black List est une PUCE.